Chapitre 2 (parties IV et V)

Aller en bas

Chapitre 2 (parties IV et V)

Message par Jeanne.W le Jeu 14 Déc - 22:46

IV. La socialisation scolaire
1) Les principales approches de la socialisation scolaire.
La perspective fonctionnaliste
de cette socialisation scolaire dont le représentant est Emile Durkeim. Le fonctionnalisme c'est une théorie qui ramène les fats sociaux à la mise en évidence de leur fonction avec l'idée que les faits sociaux ne sont que ce à quoi ils servent. (On cherche moins à comprendre comment ils se passent mais plus comme un système où chaque fait social a une utilité et les expert privilégient la stabilité de la société). Le contexte dans lequel Durkeim explique sa théorie est le contexte de la France du XIX, ce contexte politique est marqué par l'enracinement de la IIIe République et par la perspective d'une revanche contre l'Allemagne qui a gagné la guerre en 1870. Ces deux caractéristiques dominantes amènent l'école à être conçue comme ayant un rôle essentiel dans la construction de la société républicaine. (depuis 1880 école gratuite) L'école ne se cantonne pas à cette mission d'instruction, elle se donne en plus une mission d'éducation morale qui est censée aider à former de bons citoyens et de bons soldats. Dans ce contexte la socialisation solaire est un moyen de diffuser auprès de tous les élèves l'éducation républicaine, l'école a pour mission d'assurer l'unité culturelle de la nation à l'aide d'une culture conçue comme objective et universelle. Le contexte intellectuel du XIXe est marqué par cette culture universelle qui pourra amener la société vers plus de raison, dans ce contexte l'école doit diffuser cette culture universelle et est ainsi pensée comme ayant un rôle déterminant dans la libération de l'homme de l'obscurantisme. C'est dans cette conception que Durkeim expose sa théorie de la socialisation scolaire.
Pour lui une socialisation scolaire est une éducation morale qui comprend trois éléments. Les deux premiers éléments concernent la discipline et l'attachement au groupe qui se fondent sur une séparation entre monde scolaire et monde sociale. Pour pouvoir assurer son rôle socialisateur l'école doit être à l'abri des passions du monde, une sorte de société idéale à l'abri des passions du monde. Durkeim se méfie de l'enfant, et c'est dans cette perspective qu'on peut comprendre son analyse du rapport entre maître et élève. Pour Durkeim le maître est le représentant de la société dans la classe, il a pour rôle d forger l'élève à son image. Dans cette représentation, tout ce qui relève de la vie enfantine ont un rôle nuisible, l'école doit être un lieu où on neutralise certains traits spécifiques aux enfants, comme le fait d'être dispersé ou la volatilité de l'attention. D'autres traits au contraire comme la capacité d'être influencés doivent être utilisés par le maître au profit de la socialisation scolaire. Le troisième élément qui fait la socialisation scolaire c'est pour Durkeim la formation chez l'enfant de ce qu'il appelle l'autonomie de la volonté, avec l'idée que l'intériorisation progressive des normes collectives va conduire l'enfant à être capable de juger la société de manière autonome. Pour Durkeim, c'est en se soumettant à une autorité du maître, à une discipline de groupe que l'enfant apprends à agir véritablement moralement c'est-à-dire avec la conscience claire des raisons de sa propre conduite.
La perspective de la reproduction.
La conception de la socialisation scolaire développée par Bourdieu et Passeron. Ils s'écartent de Durkeim avec l'idée que l'école joue un rôle majeur dans la société mais que pour eux l'école n'est pas capable de libérer l'individu et de constituer l'autonome de la volonté si importante pour Durkeim. La socialisation scolaire est valorisé chez Durkeim parce qu'elle assure la diffusion d'une culture universelle, au contraire la socialisation scolaire est critiquée par Bourdieu et Passeron en ce qu'elle légitime un ordre social contestable. Dans les années 60, c'est un contexte politique particulier où se développent les critiques portées à l'idéal de l'égalité des chances avec l'idée que l'école républicaine n'a pas réaliser ce rêve de Durkeim de permettre l'égalité des chances. La théorie de Durkeim s'appuyait sur l'idée d'une école libératrice de l'individu par l'autonomie de la volonté, à l'inverse, chez Bourdieu et Passeron leur théorie s'appuie plutôt sur le constat d'une école reproductrice des hiérarchies sociales. Pour Bourdieu et Passeron l'un des effets majeurs de la socialisation scolaire est d'assurer l'ajustement entre les origines sociales des élèves à leurs destins sociaux statistiquement prévisibles. La culture scolaire est loin d'être universelle et objective et est au contraire très proche de la culture familiale des élèves socialement favorisés. Dans cette perspective ils critique le discours sur une école fondée sur le principe de la méritocratie. Au contraire au sein de l'école on aurait affaire à un processus de sélection sociale, ce processus repose sur le fait que la culture de la classe dominante est déguisée en culture scolaire savante. L'école pour eux ne fait que reconnaître les siens c'est-à-dire les individus qui sont déjà au préalable socialement destinés à l'école/ la réussite. Un processus de ce type est efficace parce qu'il se déroule à l'insu des agent du système scolaire, ni les enseignants, ni les élèves ne sont conscients de ce processus. Cette méconnaissance est importante pour Bourdieu c'est parce que les enseignants vont avec leur bonne foi faire fonctionner le système scolaire et du côté des élèves cette méconnaissance est essentielle parce qu'elle leur permet d'accepter sous forme de verdict scolaire ce qui n'est rien d'autre qu'un jugement social. Selon lui on jugerait en fonction de la capacité innée ou de compétences scolairement acquises ce qui ne serait rien d'autre que des dispositions socialement héritées. Pour Bourdieu la conséquence de ce processus est que l'appareil scolaire exerce sur les élèves d'origines une violence symbolique sur les élèves d'origine populaire, sous couvert d'une culture universelle, l'école favoriserait les héritiers et pénaliserait fortement les élèves d'origine populaire. Les héritiers auraient une capacité naturelle à comprendre les règles du jeu scolaire, les élèves d'origine populaire seraient toujours en décalage, incapables de comprendre « les ruses de la domination ».
perspective de l'expérience scolaire
qui a été développée par deux auteurs : Dubet et Martuccelli. C'est la perspective la plus récente (vers 2010). Pour eux la socialisation scolaire est une expérience. Leur approche continue à donner un rôle important à la socialisation scolaire mais elle envisage une activité de l'individu dans ce processus de socialisation scolaire. Ce ne serait pas seulement une intériorisation des normes cette socialisation scolaire pourrait être aussi caractérisée par une distanciation de l'individu. En outre, dans ce modèles, les fonctions de l'école se diversifient et s'autonomisent les unes par rapport aux autres, à côté de la fonction d'intégration proprement dite l'institution scolaire est aussi un marché où sont distribuées les positions sociales, et un espace de subjectivation où les individus entretiennent un rapport particulier avec la culture scolaire. La séparation de ces différentes fonctions conduisent les auteurs à définir l'expérience scolaire comme l'occasion d'une construction de l'expérience individuelle. Pour eux l'individu ne se verrait pas imposer une culture uniforme mais chacun construirait sa propre expérience. La socialisation scolaire n'est plus quelque chose d'uniforme mais une construction individuelle des individus. Cette théorie insiste sur la place de la subjectivité de chaque élève sur la construction de son expérience scolaire. On ne considère pas qu'ils sont soumis à l'institution scolaire, qu'ils ne feraient qu'assimiler les normes qui leur sont fournies par les enseignants, on ne considère pas non plus que sa réussite est liée à sa position sociale. Mais que les élèves seraient acteurs de leur propre expérience scolaire. Dubet fait des distinctions à différents stades. A l'école primaire, le modèle de socialisation classique est le plus fort, la figure du maître reste centrale le groupe de pairs enfantin n'est pas en mesure de contester l'autorité du maître et la transmission des apprentissages de bases ne seraient guère remis en question. La logique dominante à l'école primaire est donc celle de l'intégration u fonctionnement scolaire. Les chose change au collège : la contestation de l'ordre scolaire est plus forte, la remise en question de l'utilité des études et du travail scolaire est plus forte, l'importance du groupe de pair est plus forte, il est donc davantage conscient de lui-même et soumet l'institution à une pression critique du coup l'autorité enseignante et la motivation pour les savoirs deviennent fragiles. Au lycée le processus de socialisation s'appuie davantage su les préoccupations stratégique des élèves qui vont tenter de donner une utilité ou un intérêt à leurs études, cela se fait souvent en tension avec une culture juvénile souvent éloignées de la culture scolaire. A l'université, l'intégration des étudiants est faible, (sentiment d'appartenance à l'organisation scolaire), la stratégie est importante (l'élève agit au mieux de ses intérêts scolaires.) et la subjectivation devient centrale, que ce soit dans le rapport au savoir ou dans la construction de la personnalité adulte. Dubet ne considère pas le processus identique entre toutes les classes sociale mais redonne de l'expérience à l'expérience personnelle.
2) Socialisation scolaire et socialisation familiale.
L'ambition scolaire
L'objectif de la réussite scolaire s'est généralisé à toutes les familles y compris celle qui sont associées aux classes populaires jusqu'alors peu préoccupées par ces questions. Par le passé l'école était très ségrégative : la filière courte allant jusqu'au brevet était destinée aux enfants des classes populaires. Et la filière longue menait les enfants de la bourgeoisie au baccalauréat et à l'université. Par la suite (pendant les trente glorieuses) l'accès à l'emploi n'exigeait pas de diplôme important. Les choses ont brutalement changé avec l'apparition du chômage de masse à partir des années 70 80 et le diplôme devient indispensable pour avoir accès à l'emploi. D'autant plus que les pouvoirs publics ont voulu faire accéder le plus grand nombre au baccalauréat et ouvrir l'université aux bacheliers des classes populaires. L'effet de cette évolution est double et rapide : les non diplômés sont très handicapés dans leur insertion sociale et professionnelle et par ailleurs l'inflation des titres scolaire a entraîné leur dévalorisation obligeant les individus à allonger leur scolarité. Cette nouvelle donne explique que l'école soit maintenant un enjeu crucial pour le plus grand nombre de famille des classes populaires et en particulier les familles ouvrières. C'est un renversement historique du rapport des familles populaires à l'école. Elle était ignorées ou jugée concurrente de la famille aujourd'hui l'école est au centre des préoccupations familiale, les aspirations ouvrières aux études longues ont fortement évolué. 78% des enfants d'ouvrier nés entre 70 et 84 déclarent que leur parent les ont poussé à poursuivre des études contre 56% de ceux nés entre 55 et 69, et 36% de ceux nés entre 10 et 24 (étude de 2004). L'essor de la préoccupation scolaire est un phénomène générationnel, l'idée que les enfants doivent aller le plus loin possible dans leur études est très largement répandu dans les familles ouvrières avec le bac comme objectif minimal. Les différence avec les familles de professions libérales et supérieures ont fortement diminuées. Plus aucun sociologue ne peut prétendre que la famille a déléguer ses fonctions éducatives à l’État. Les parents interviennent dans la scolarité de leurs enfants dans l'espoir de maintenir ou d'améliorer leur statut social. L'obtention d'un diplôme apparaît comme un capital à l'acquisition duquel la famille participe activement à son obtention par son travail de suivi et de soutien scolaire.
Le travail familial de suivi scolaire.
Les parents s'efforcent désormais de gérer au mieux la réussite scolaire de leurs enfants. Indice dans les années 80 : apparition des classements des centres de formations dans la presse. Cela indique que la scolarité devient un investissement qui doit être rentable dans les familles. Les familles n'ont pas toutes les mêmes atouts, cela signifie qu'elles doivent se mobiliser et produire un travail éducatif pour favoriser la réussite scolaire de leurs enfants. L'acquisition du capital scolaire demande l'effort de tous dans la famille aussi bien dans les familles très diplômées que dans celles qui sont défavorisées et étrangères à la culture scolaire. Ce suivi scolaire demande un investissement temporel lourd, en moyenne un enfant est aidé 15h par mois par ses parents pour faire ses devoirs. Ces parents consacrent chaque fois un peu plus de temps au suivi scolaire, entre le début des années 90 et le début des années 2000 les parents consacrent 1 heure de plus au suivi scolaire de leurs enfants. Cela confirme la part grandissante qu'occupe l'école au sein des familles. Cette aide scolaire elle est plus importante au début de scolarité jusqu'en 6e est décline ensuite sensiblement et régulièrement. Les pères s'investissent plus que par le passé mais c'est aussi le cas des femmes si bien que l'aide scolaire reste une prérogative maternelle. Lorsque les femmes sont actives, les femmes consacrent deux fois plus de temps au suivi scolaire que les pères. Le niveau de diplôme des parents favorise leur participation au travail scolaire mais n'a pas d'influence sur le temps qui est passé au suivi des devoirs, les enfants de parents diplômés ne sont pas aidés plus longtemps. Parmi celles qui aident, les mères non diplômées s'investissent même plus que les mères bachelières, ce qui confirme que les familles modestes se sentent concernées par la scolarité de leurs enfants.
Si les parents se déclarent parfois très satisfaits de leurs travail de suivi beaucoup éprouvent un sentiment d'incompétence c'est en particulier le cas des mères non diplômé, plus de la moitié se sentent souvent dépassées pour aider leur enfant dans le primaire, elles sont moins de 5% parmi les mères diplômées du supérieur. Au lycée la quasi-totalité des mères non diplômées se sentent dépassées contre la moitié des mères diplômées du supérieur. En dépit de ce sentiment d'incompétences, il y a très peu d'écart en matière de temps passé au suivi scolaire des enfants. Cela indique que les parents qui se jugent dépassés, persévèrent dans ce travail familial de suivi scolaire, un signe que la préoccupation scolaire s'est intensifiée.
Les stratégies scolaires des familles.
Cette préoccupation scolaire n'est pas négligeable, elle est différente selon les familles de part la façon dont elle s'en occupe. On peut dire que la famille se mobilise d'autant plus qu'elle dispose d'atout (comme le fait d'avoir du temps), la plus importante étant les compétences ou le fait d'avoir de l'argent, la familiarité avec les exigences du système scolaire. On observe que plus le niveau d'étude de l'enfant augmente, plus l'écart en matière de participation au suivi scolaire va s'accroître. Lorsque l'enfant est au collège, 92% des mères bachelières participent encore aux devoirs, elles sont 64% des mères non bachelières. Le fait d'avoir les moyens financiers permet un accès à de meilleurs ressources scolaire plus important, notamment l'enseignement privé, les cours particuliers, mais aussi à des ressources extra-scolaires, qui jouent un rôle dans la scolarité. Il s'agit de pouvoir permettre à l'enfant de faire des séjours linguistique, d'aménager un espace propre aux devoirs, le choix du quartier. Ce qui fait vraiment la différence entre les deux types de famille c'est la connaissance du système scolaire : de pouvoir obtenir des conseils et des recommandations là-dessus. La différence est très claires au niveau du choix de l'établissement surtout depuis que les enfants de milieux défavorisés ont accès de façon massive au collège et au lycée. On constate que les familles des classes supérieures et surtout des classes moyennes, car elles vont développer un rapport stratégique à l'école pour éviter les « mauvais établissements » ou pour recréer une ségrégation par le jeu des filières. Une sociologue de l'éducation Agnès Van Zanten a mené une enquête où elle relève 3 stratégies parentales qui sont très corrélées au niveau de ressources des familles :
le retrait pour les plus défavorisés qui sont captifs de leur lieu d'habitation et qui ne vont pas intervenir dans la vie de l'établissement sauf en cas de problèmes graves, de violence ou d'insécurité.
L'intervention interne : le fait de faire pression sur l'établissement par le biais des associations de parents-d'élèves, le choix des bonnes classes. Cette stratégie concerne surtout des familles qui sont conscientes des désagréments de la situation mais qui ne peuvent ou ne veulent pas quitter leur quartier.
La défection pour les parents les plus aisés et/ou ambitieux qui face à une situation scolaire délicate vont fuir l'établissement du quartier soit en contournant la carte scolaire (dérogation, fausse adresse, le recours à l'enseignement privé), soit elles peuvent déménager dans un secteur où les établissements seront mieux côtés.
Ces attitudes stratégiques sont très répandue et la multiplication de ces stratégie a conduit à remettre en cause la mixité sociale que la carte scolaire visait à maintenir. Les parents des classes supérieures n'ont pas trop de problème à protéger leur entre-soi, pour les classes moyennes c'est un peu plus compliqué, certains s'efforcent d'éviter les établissements jugés dangereux. Il y a une conception que l'on peut qualifié d'utilitarisation qui se répand comme si l'éducation devenait un investissement.
Les familles défavorisées et l'impératif scolaire.
Les familles favorisées anticipent les atouts et les faiblesses de l'établissement choisi, mais c'est rarement le cas pour les parents faiblement diplômés qui sont moins présents dans la vie de l'établissement et sont parfois perçus négativement par les enseignants et l'administration de l'établissement. La hausse des ambitions scolaires dans les milieux scolaires se soldent parfois par des échecs qui se répercutent sur la vie familiale, l'école fait l'objet de nombreuses discussions dans la famille ouvrière, 60% des parent nés entre 1916 et 1925 discutent de l'école avec leurs enfants 8-% pour ceux nés entre 1966 et 1975 : évolution de l'importance de l'école au sein de ces familles. N observe que les conflits entre parents et enfants à propos de l'école sont devenus plus fréquent c'est la premier sujet de conflit dans les familles ouvrières. La prolongation des études et l'expérience de l'échec scolaire a entraîné un malentendu profond dans ces familles. (les enfants rentre au lycée sur les conseils de leurs parents et y découvre un univers culturel et social qui leur est largement étrangers, ils se plaignent de devoir apprendre des choses inutiles, refusent de s'investir dans la pratique des exercices scolaires et ces attitudes vont susciter l'incompréhension des parents avec l'idée que les sacrifices qu'ils ont fait ne sont pas payé de retour). La situation est encore plus grave dans les familles immigrées les plus démunies, les parents placent souvent un espoir démesuré en l'école, c'est pour eux la seule voie de réussite pour leurs enfants, ils sont prêt à faire pression sur les enseignants et chefs d'établissement pour que leurs enfants puissent accéder au lycée et cette attitude est critiquée par les familles ouvrières françaises et cela va alimenter chez ces familles le sentiment xénophobe et va renforcer dans ces familles les tentatives d'évitement de la mixité scolaire. Dans ces attitudes des familles ouvrières face aux famille immigrées il y a un mélange des considérations sociale et des jugements moraux qui conduisent régulièrement à dénoncer ces parents comme de « mauvais parents » qui ont des attentes trop élevées et qui ne savent pas tenir leurs enfants. Ils ont tendance à vouloir garder l'entre soi et éviter la mixité sociale se en place par la carte scolaire.
V. Socialisation et construction des identités de genre.
1) éléments de définition.
Premier élément : le genre est une construction sociale
Elle a une dimension matérielles et une dimension symbolique.
Le genre c'est la construction sociale de la différence des sexes. Le fait d'employer un terme spécifique distinct de sexe permet de souligner le caractère social des comportements et des significations qui sont attribués à chaque sexe. Ce qui est au fondement des concepts de genre c'est parce que c'est le refus du naturalisme qui donne au genre son sens sociologique. Le genre est né avant tout de la distinction entre le sexe biologique et l'identité sexuée. La construction sociale a une dimension matérielle et une dimension symbolique. La dimension matérielle signifie qu'elle s'incarne selon les comportements, des statuts différenciés entre les sexes et une distribution inégale des ressources et des espaces sociaux entre les hommes et les femmes. La dimension symbolique puisque le genre renvoie aussi aux valeurs traditionnellement rattachées aux sexes masculin et féminin. Le terme de genre désigne le sexe en tant que socialement construit par opposition au sexe biologique. Cela signifie que les traits de caractère, les comportements que l'on associe au masculin ou au féminin ne sont pas une donnée naturelle, la preuve c'est qu'il varie selon les époques et les cultures. On pourrait dire que le genre est la différence des sexes, construite socialement. Ce que les recherches ont montrées c'est que la plupart des différences entre les hommes et les femmes ne relèvent pas de la nature, du sexe anatomique, et cela ne relève pas non plus généralement de la différence des sexes envers la procréation. Il y a des différences entre femelle et mâle dans la procréation, le reste est surtout une construction sociale. Puisque le genre est une construction sociale, il ne faut surtout pas le considérer comme une catégorie figée, le genre est constamment en évolution, constamment reconstitué, il varie selon les époques et les sociétés.
Deuxième élément : le genre est un rapport de pouvoir.
Il se décline en terme de hiérarchie et en terme de norme.
En terme de hiérarchie : il y a un rapport de pouvoir inégalitaire entre homme et femme, il y a une supériorité sociale des valeurs associées au masculin sur celles associées au féminin, le genre permet donc de comprendre la domination d'un sexe sur l'autre. Si on dit que le sexe permet un rapport de pouvoir,
En terme de norme, chaque individu quel que soit son sexe subit une contrainte à se conformer à une norme de genre c'est-à-dire aux attitudes et aux comportements qui sont socialement attendues à son sexe. Si on peut dire que la norme assois un rapport de pouvoir, c'est que la transgression de ces normes implique une sanction sociale.
2) Généalogie du concept de genre
Cela s'est fait en deux étapes : il y a une distinction du concept du corps et de l'identité sexuée et une introduction de la dimension politique : la question du pouvoir
Distinction du corps et de l'identité sexuée
Le concept de genre est né aux États-Unis dans les années 70 autour d'une réflexion sur le sexe et l'utilisation de cette variable dans les sciences sociales. À l'origine cette notion a été popularisée par un psychanalyste Robert Stoller qui va populariser en 1968 une notion déjà utilisée par les psychanalystes américains depuis le début des années 50 pour comprendre la séparation chez certains de ses patients entre le corps et l'identité. Il va développer l'idée qu'il n'existe pas de réelle correspondance entre le genre masculin féminin et le sexe homme femme. Il utilise le terme de genre pour distinguer le biologique et le psychologique dans l'identification des identités masculines et féminines. La sociologue qui va importer le concept de genre dans Anne Oakley qui va s'inspirer des écrits de Stoller et écrit un ouvrage important en 72 dans lequel elle va renvoyer le sexe au biologique et le genre au culturel. C'est elle qui fournit la première théorisation du terme de genre. Le sexe biologique n'est qu'une donnée pour comprendre la différence entre masculin et féminin mais pour elle il est important de prendre en compte la culture.
L'introduction de la dimension politique : la question du pouvoir
1e étape : genre distinct du genre. Le sociologues s'intéressent ensuite aux rapports homme/femme en montrant qui s'y jouent les rapports de pouvoir. June Scott (historienne) précise la notion de genre en insistant sur sa composante de pouvoir. En 86 elle écrit un article là-dessus, elle incite à voir plus loin qu'une simple opposition entre les sexes, pour elle cette opposition doit être considérée comme problématique. Si pour elle c'est problématique c'est parce que se joue dans les rapports de pouvoir que l'un domine l'autre.
3) La construction d'identités sexuées au sein de la famille
L'identité sexuée se construit progressivement en fonction de stéréotypes de sexes qui sont dominants dans une société donnée à une époque donnée. Elle se construit au cours du processus de socialisation. A la naissance, un enfant est automatiquement assigné à l'un des deux sexes mais cet étiquetage de sexe est quelque chose qui est sans cesse réactivé au cours du processus de socialisation. C'est ce qu'écrivait déjà Simone de Beauvoir en 1949 (« le deuxième sexe ») « on ne naît pas femme, on le devient. Aucun destin biologique psychique, économique ne défini la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine , c'est l'ensemble de la société qui élabore l'identité ». Les Hommes comme les femmes sont soumis à un phénomène d'incorporation des façons d'agir et de penser entre les hommes et les femmes. Pourquoi la socialisation sexuée est elle aussi réussie ?
La socialisation familiale est la plus importante de la socialisation sexuée.
La socialisation de genre se fait dès la petite enfance, on a affaire à un conditionnement très précoce de genre. (C'est ce qu'a montré dans un livre en 1973, Gianini Belotti, « du côté des petites filles ») Elle montre que la différenciation sexuelle dans la petite enfance constitue un enseignement très précoce, dès le plus jeune âge on ne traîne pas un enfant de la même façon, mais selon son sexe. L'assignation sexuelle commence souvent avant la naissance, on observe ainsi que l'on ne parle pas de la même façon du futur bébé selon si l'on pense que ce sera une fille où d'un garçon. Le conditionnement de genre se conditionnera aussi par la couleur de la layette u bébé ou des coloris de la chambre. Il y a des interprétations différentes qui sont faites des comportements des filles et des garçons. Une autre sociologue montrait qu'on interprétait différemment les pleurs du nourrisson, ils sont colère si le bébé est un garçon et davantage de peur si c'est une fille. Autre exemple d'interprétation différente : on parle davantage de caprice lorsque c'est une petite fille et en terme de volonté si c'est un garçon ce qui influera sur leur comportement en société.
On observe une intervention parentale distincte selon que l'action est effectué par un garçon ou une fille. On tolère moins chez les filles le fait de crier, de parler fort, de rire trop bruyamment, et on accepte moins l'absence de manifestation d'affection envers les autres enfants. À l'inverse, les parents réprimande moins si elle pleure ou si elle manifeste de la peur. On observe aussi des manières différentes de nourrir l'enfant, notamment le fait que l'appétit soit plus modéré aux petites filles qu'au petits garçon. On constate que les petites filles sont sevrées plus rapidement que les petits garçons.
On a affaire à des apprentissages différents selon les enfants. On attribue davantage l'activité physique des garçons et stimule le comportement social des petites filles. On observe très tôt que les adultes effectue une sélection automatique de ses interventions en fonction du sexe de l'enfant. Il ne faut pas s'étonner que ces stimulations différentes entraîne de enfants et des ados différents.
Exemples de cette socialisation familiale :
celui des jeux et jouets : important dans la sociologie du genre. (« le jouet et ses usages sociaux) Sandrine Vincent) Elle montre comment les jouets contribuent à la socialisation de genre. Première chose, il y a des barrières ludiques entre les filles et les garçons, les jouets des filles et de garçons sont largement différenciés comme le montre les catalogues de jouet ou les rayons de grands magasins. Fond rose pour les filles, dînette, aspirateur, qui renvoient à leur futur rôle domestique ; bleu pour les garçons, jeux d'aventure, de mécano. Les jouets qui sont perçus comme masculin sont des jouets qui favorisent l'apprentissage de la mobilité, de la manipulation, l'invention, le goût de l'aventure. Quant aux jouets perçus comme féminins, ce sont des jouets qui développent avant tout l'intérêt porté à soi et l'intérêt porté aux autres. Des jouets qui mettent en avant les valeurs de la séduction et les valeurs de la maternité. Les jouets sont différents et ont des connotations différentes. Il y a une différence de répartition des jouets, les filles restent moins dotées que les garçons en terme de jouets et l'écart se creuse surtout à partir de 10 ans. Les filles sont censées se tourner vers d'autres intérêts sous prétexte de maturité et de féminité. On les pousse à abandonner plus tôt que les garçons de l'univers du jouet. Elles vont recevoir plus tôt que les garçons des cadeaux utiles. Le plus souvent et de manière inconsciente, les parents vont dépenser plus d'argent pour les garçons que pour les filles et ils reçoivent plus de deux jeux à noël (65%) contre 45% pour les filles. Tout ce passe comme si les filles quittait plus rapidement l'univers des jouets et des jeux. Deuxième points, les barrières ludiques sont difficiles à transgresser, les obstacles à la transgression viennent des enfants mais viennent aussi des parents. On observe que les filles et les garçons jouent différemment, ce qui fait que posséder un jouet perçu comme appartenant au sexe opposé, ne change pas la façon de jouer des enfants. Les enfants eux-mêmes aiment ce qu'ils ont le droit de posséder et délaissent ceux qui ne leurs sont pas destinés (à partir de 5 ans environ.) Cela augmente de façon très forte vers 8 ans chez les garçons. Les parents s'inquiètent plus lorsqu'un garçon joue à un jeux féminin, que l'inverse, une fille garçon manqué est moins stigmatisée. Les parents craignent bien plus l'homosexualité masculine que féminine. Et le deuxième constat c'est le fait que les attitudes des parents sont pls ou moins tolérantes selon le milieu social et le sexe, les hommes sont plus conformistes, d'une manière générale le père est plus respectueux de l'identité de sexe des jouets alors que les mères sont plus tolérantes. On observe que les parents des classes sociales supérieures sont réticents à offrir une poupée à un garçon que les parents des milieux populaires.
L'usage du temps libre, temps non scolaire : les loisirs et les petits travaux. Jusque dans l'adolescence le temps libre est très significatif. Elles renforcent la dichotomie traditionnelles entre les valeurs du dedans pour les filles et du dehors pour les garçons. Les filles se consacrent massivement aux activités liées aux enfants ou plus tard les cours particuliers. Les garçons participent plutôt aux travaux agricoles, au petits services rémunérés. Les filles commencent ces activités plus tôt que les garçons. Cette opposition renvoie à la distinction dedans/dehors et les activités des filles vont témoigner de l'orientation du métiers : les femmes sont plus impliquées dans le relationnel. Exemple des tâches domestiques, participation des filles plus élevées aux tâches familiales. Les garçons moins impliqués car leurs activités sont plus tournées vers l'extérieur. Attribution de la transmission d'un habitus domestique aux filles et un habitus professionnel aux garçons. La frontière se brouillent un peu si on regarde les activités de loisirs. Les filles ont des activités artistiques, la lecture, des activités sportives basées sur l'esthétique et la proximité animale. Les garçons pratiquent des sports et tout ce qui relève de la technologie et l'informatique. Pas de césure entre intérieur et extérieur mais on retrouve un autre clivage dans l'affirmation de soi, la valorisation de la force, du risque, de la compétition et aussi une plus forte implication dans ce qui relève du ludique. Pour les filles valorisation de l'expression de soi, de l'entretien du corps, de l'échange relationnel surtout au sein de la famille.
Il faut prendre garde à ne pas généraliser dans le sens ou il n'y a pas un seul modèle de socialisation sexuée. Passeron et de Sainsgrys à la fin des années 80 organisent leurs échantillons en 6 groupes sociaux en fonction du niveau d'éducation, de la hiérarchie sociale des professions et du statut social indépendant ou salarié. Ils observent que les domaines dans lesquels ces groupes différencient le plus l'éducation des filles et des garçons sont différents. Pour les ouvriers c'est l'autonomie laissées à l'adolescent qu est primordiale : plus d'autonomie au garçon. Pour les employés plus d'importance au niveau scolaire des garçons qu'à celui des filles. Autre constat de ces auteur : contrairement à une idée reçue sur le traditionalisme, ce sont dans les familles aisées et ouvrière que l'éducation des enfants se rapproche le plus. Le processus de socialisation n'est pas homogène dans l'ensemble de la société. Il faut prendre en compte plusieurs variables.
4) L'école comme lieu de réaffirmation d'identité de genre contrastée.
Question générale : qui des filles ou des garçons ont la réussite scolaire.
Progression des filles dans le système éducatif.
Au cours du XXe siècle les françaises ont largement rattrapé leur retard en matière d'instruction. En 90 parmi les individus âgés de plus de 75 ans, 11% des hommes étaient titulaires d'un baccalauréat ou d'un diplôme supérieur, contre seulement 4% des femmes. Parmi la catégorie des 25-34 en revanche les femmes sont plus nombreuses à avoir leur baccalauréat. A partir de cette années là les filles sont majoritaires à presque tous les niveaux du système scolaire, et ont la même espérance de scolarisation que les garçons. Les filles ont désormais accès au mêmes études que les garçons. Cela a changé en 1924 traité DERARD désormais l 'école devient un lieu de formation à l'activité professionnelle pour les filles comme les garçons, elles ont accès aux mêmes savoirs. Cette émancipation scolaire a eu beaucoup d'influence sur a promotion professionnelle.
La meilleure réussite scolaire des filles est supérieures à celles des garçons depuis plus de 40 ans. On observe que dans toutes les catégories sociale, on a une meilleure réussite scolaire des filles de la maternelle au baccalauréat. Dès le début des années 60, on observe que les filles sont plus souvent à l'heure que les garçons (sans redoublement) dans leur scolarité primaire, et c'est un avantage qui va s'accroître par la suite. Quel que soit l'âge d'entrée en 6e les filles accèdent plus souvent en classe de première et terminale que les garçons. A partir de 71 il y a plus de bachelières que de bacheliers quelle que soit la filière. et elles sont mieux reçues avec plus de mentions. Cette meilleure réussite des filles dans toutes les catégories sociales mais c'est dans les catégories populaires que l'écart s'accentue. En terme de diplôme ou de durée la scolarité des filles aujourd'hui est constatée comme meilleure. Les sociologues ont proposé des interprétations différentes, et ont peut distinguer deux interprétations majeurs. Certains ont souligné le conformisme qui caractérise les femmes et d'autres ont privilégié une explication centrée sur la mobilisation des filles et de leur famille.
Les filles auraient une tendance à poursuivre leurs études parce qu'elles y auraient été contraintes, la première chose qui pèserait sur les filles tiendrait à la nature de l'offre d'enseignement, en gros les débouchés offerts dans l'enseignement professionnel court serait particulièrement réduit pour elles par comparaison avec les garçons qui les aurait contrainte à poursuivre leurs études dans l'enseignement général. On peut classer la logique qui qualifierait les valeurs féminine qui sont l'obéissance, certains auteurs mettent en évidence le fait que les filles sont plus conformes au métiers d'élèves elles sont plus dociles et passives. Ce serait l'implication et le désir de bien faire des filles qui se traduirait en meilleurs résultats scolaires. C'est le conformisme des filles et leur domination qui expliquerai leur réussite scolaire et leur plus grande combativité à l'école. Deux autres types d'explication ont été développée. Jean Pierre Péraille met plutôt l'accent sur l'investissement plus actif des filles dans l'appropriation du savoir qui leur permet d'échapper au déterminent de l'échec scolaire. Il montre que les jeunes filles seraient deux fois plus nombreuses à récuser le style de la vie de couple de leurs parents et les rôles traditionnels impartis aux deux sexes. Elles associent plus souvent que les filles de cadres la réussite scolaire au fait de former un couple plus égalitaire ensuite. Il insiste sur le rôle des mères joué dans cette dynamique, elles apporterait un encouragement quotidien à la réussite scolaire de leurs filles afin de réaliser ce qu 'elles n'ont pas pu réaliser elles-mêmes. Un autre auteur Bernard Lahire, a montré le rôle essentiel que joue le modèle des mères envers les filles des milieux populaires qui entretiennent un rapport régulier et étroit avec l'écrit. Ce sont les mères qui se chargent des démarches administratives. Comment les filles peuvent construire leur identité sur le modèles d'une mère qui aime écrire et s'occuper des papiers, de se soucier de l'école et d'en avoir . Les garçons eux doivent construire leur identité avec un père pris par un travail épuisant, avec un engagement domestique vers la récupération de sa force de travail et totalement désengagé des problèmes scolaires.
Les ségrégations sexuées persistent.
Malgré la progression des réussites scolaire des filles, on voit des ségrégations sexuées persister à l'école.
Les filières scolaires sont très sexuées. Les femmes ont un accès large à l'éducation mais pas toujours au même titre que les garçons, les filles continuent à se diriger vers des filières déjà fortement féminisées et leur part ont tendances à augmenter. Cela commence au baccalauréat 80% en littéraire, autour de 30% en scientifique. Cette répartition sexuée se répercutent sur le supérieur, les filles s'orientent vers les langues, lettres et SHS. Elles sont toujours très minoritaires dans l'ensemble des disciplines scientifiques, elles ne représentent jamais plus du tiers de la promotion. C'est très similaire dans les autres formes d'études plus dans les classes préparatoires littéraires, dans les formation préparant aux métiers du social mais très peu en école d'ingénieur et dans les classes préparatoires scientifiques. Les choix d'orientation sont encore fortement marqués et les filles sont très minoritaires dans les filières d'excellence qui permettent d'accéder aux formes de pouvoir, leur marginalité est d'autan plus flagrante qu'on s'élève dans la hiérarchie scolaire, on observe un processus d'érosion des filles notamment dans les mathématiques. Elles sont majoritaires dans les années 2000 et meilleures élèves en classe de secondes elles ne sont plus que 40% en 1ere S et 20 en terminale S. Dans les écoles prestigieuses, les femmes représentent seulement 15% des effectifs cette année. Les filles entrent dans des filières différentes pour acquérir des compétences différentes. Les filles réussissent ais leur émancipation est loin d'être complète.
Ce ne sont pas une différence de réussite en terme de discipline qui explique les différences d'orientation. Les chois des garçons et des filles sont en partie fondées sur la perception différente de leurs propres capacités. A niveau scolaire égal une fille a tendance à moins s'estimer. Il y a une différence aussi dans la confiance en soi qui caractérise davantage les garçons et cette surestimation leur permet notamment de passer outre certains échecs scolaires, de choisir malgré tout de s'orienter dans les filières prestigieuse même en cas de résultats moyens. La responsabilité ne revient pas qu'a la socialisation familiale et les différences de choix mais les choix sont aussi rarement contredit par les enseignants.
En France pendant longtemps on a refusé de penser cette différenciation de genre à l'école. L'idéal républicain de l'école ne permettait pas de le penser. Dans les pays anglophones il y a eu des travaux d'observation de la sociabilité scolaire. Ces premières études montrent que les enseignants dans les classes mixtes interagissent beaucoup plus avec les garçons qu'avec les filles inconsciemment. Les élèves garçons sont davantage perçus comme des individualité les élèves filles apparaissant comme indifférenciées. On remarque que les enseignants adressent davantage aux garçons des commentaires sur le fond et la qualité intellectuelle de leur travail, et pour les filles sur la présentation et la forme. (« l'école des filles ») la sociologue montre que les enseignant récompense davantage les performances des garçons tandis qu'ils valorisent la conformité des filles. Autre constat : les enseignants attribuent plutôt la réussite des filles à leurs effort et à leur travail et aux garçons à leurs capacités intellectuelles et à leur talent. Pour un même niveau en mathématiques, les enseignants orientent plutôt les garçons vers les filières scientifiques aux garçons. On oriente les garçons vers les matières scientifiques pour dire ensuite que les garçons ont un talent pour les mathématiques. Les filles réussissent davantage mais à niveau égal, les garçons sont plus orientés vers les filières prestigieuses, les différence de genre sont plus importantes à l'issu du parcours scolaire qu'à sont commencement. C'est un processus qui se déroule avec les adolescents puisqu'ils ont anticipé ce que serait leur avenir professionnel car les postes prestigieux sont masculins.
On observe que les enseignants ont des attentes stéréotypés quant aux comportements des deux sexes, les filles plus sages. On observe que beaucoup d'enseignant ont recours aux filles comme auxiliaires pédagogiques des garçons ces attentes des enseignants ont des effets autoréalisateur , les élèves ont un comportement en accord avec ses idées. Ces attentes ont aussi un effet sur l'orientation. Le clivage du garçon talentueux et de la fille bosseuse a une influence sur la décision des enseignants sur l'envoi de l'élève en classe préparatoire.
La question de l'orientation pousse au développement de travaux sur les manuels scolaires. En 1996 deux sénateurs rendent un rapport officiel sur la représentation des hommes et des femmes dans les livres scolaires. L'idée que le manuel pourrait influencer . Quantitatif : y a t il autant d'homme que de femme dans les manuel. Qualitatif : hommes et femmes sont ils représentés différemment. Les femmes sont moins représentées et restent représentées dans des rôles de genre traditionnel. Les femmes dans la sphère familiale et homme travail et politiques. Les auteures étudiées sont ultras minoritaires sur 63 extraits de textes 58 sont par des auteurs masculins. Les manuels d'histoire contient l'histoire des femmes largement absente.
5) Genre et travail
La « découverte » du travail domestique.
Il y a une remise en cause du concept de travail par la découverte du travail domestique. C'est un travail qui s'effectue dans la sphère privée à des fins non marchandes mais parfois à des fins marchandes notamment quand les femmes contribuent aux aux revenus du foyer. Cette mise en évidence du travail domestique se fait dans les années 60 en particulier grâce à l'ouvrage de Friedan (the feminine mystic) Elle dénonce le malaise qui n'a pas de nom → celui des femmes au foyer. Cette réflexion a beaucoup influencé les recherches extérieures. Les recherches convergent dans le fait d'identifier des tâches qui était auparavant invisible et non reconnues socialement, elles sont largement prises en charge par les femmes dans la sphère privée et sont requalifiées de travail. Ces tâches domestiques ont une vocation interne à la famille, qui relève du foyer, et l'entretien des relations de la famille. Autre type de tâche qui sont au compte du conjoint (femmes qui travaille gratuitement pour le compte de leurs conjoints). Les chercheurs ont voulus mesurer statistiquement ce travail domestique : quel enjeu économique représente-t-il ? En France enquête réalisée en 1981 par des chercheuses à partir de données de l'INSEE elles utilisent toutes activités réalisées gratuitement au domicile et qui a un substitut marchand. Elles montrent qu'une femme dite « inactive » accomplit en réalité 40heures de travail domestique par semaine. Elles montrent que la participation des femmes au marché du travail ne s'accompagne pas d'une redistribution égalitaire du travail domestique entre les conjoints. 28h pour les femmes et 16h pour les hommes. Dernier constat : elles estiment que le travail domestique représente entre 30 et 40% du PIB. (en 81) Aujourd'hui on constate que des représentations égalitaires du partage des tâches se sont répandues. Les pratiques changent peu et très lentement malgré cela. Les femmes consacrent deux fois plus de temps que les hommes au travail domestique sur une journée entre la fin des années 80 et celle des années 90 le temps de travail domestique n'a augmenté que de 6 min pour les hommes. Les tâches domestique ne sont pas seulement inégalement réparties sur la durée mais aussi sur leur nature : dans les années 2000, les tâches ménagères sont réparties en trois catégories : les tâches féminines, prise en charge quasi-exclusivement par les femmes : le linge et les tâches sanitaires. Les hommes ne s'en occupe que dans 5% des cas ; Les tâches masculines prises en charge majoritairement par les hommes : automobile, bricolage, et ce qui relève du portage ; les tâches négociables : des tâches qui continuent à être prises en charge par une majorité de femmes mais auxquelles plus d'un tiers des hommes vont participer : les courses, la cuisine et la vaisselle. Cette division repose sur des oppositions qui véhiculent une image traditionnelle des attributs masculins et féminins, les femmes n'ont pas les travaux qui nécessitent une force physique et qui requièrent des savoirs faire traditionnels (propreté et les hommes ceux qui nécessitent de la force, qui suppose la maîtrise d'instruments techniques et plutôt tournées vers l'extérieur. Les tâches attribuées aux femmes sont ceux qui implique une reproduction : gestes perpétuels. Et les hommes ont celles de la production, celles qui sont plus remarquables. Ces caractéristiques globales masquent de fortes disparité dans la population en fonction de la plus ou moins grande capacité des femmes à déléguer les tâches. (Cette délégation permet au femmes de se débarrasser de ces tâches sans les déléguer à leur maris mais ce travail est donné en général à d'autres femmes majoritairement qui sont en position inférieur il n'y a donc pas de redistribution entre les sexes.) La dimension subjective de la prise en compte du travail domestique : indépendamment du temps qui lui est consacré, la charge mentale de ce travail continue de peser essentiellement sur les femmes. Le travail domestique a constitué pour une part des féministes le fondement d'une théorie de l'oppression des femmes pour les féministes matérialistes → idée que l'assignation des femmes au travail domestique entraîne une division sexuée du travail, entre un travail reproductif féminin et un travail productif masculin, ils ne sont pas seulement différents, ils ne valent pas autant socialement. Les travaux masculins sont plus valorisées socialement, les hommes et les femmes ne sont donc pas dans un rapport de complémentarité, mais de pouvoir. Il se développe une théorie importante de Christine Delphy, elle dénonce cette division du travail sous le terme de « patriarcat » et décrivant ce système comme ayant une base économique. Les femmes ne sont pas seulement exploitées dans le mode de production industriel, leur travail est aussi extorqué dans le travail domestique sans aucune contre-partie. « l'ennemi principal » : « alors que le salarié vend sa force de travail, la femme mariée la donne. » (1970). Pour elle les femmes subissent à la fois l'exploitation capitaliste et parallèlement, l'exploitation patriarcale. Elle en arrive à dire que c'est une erreur de dire que la femme appartient à la classe de son mari : « il est à peu près aussi juste de dire que les femmes de bourgeois sont elles-mêmes bourgeoises, que l'esclave d'un planteur est lui-même planteur ». Elle montre qu'il y a un caractère injuste en matière de séparation homme femme du travail. Dernier point : le fait que l'exploitation du travail domestique du travail e cesse pas lorsque la femme participe au marché du travail, l'exploitation de sont travail domestique est même renforcé car elle continue sont travail domestique alors qu'elle dispose d'un revenu propre.
Les inégalités dans l'accès à l'emploi.
La présence des femmes dans le monde du travail avant les années 60 est réelle mais elles était occultée.
Les femmes étaient auparavant bien présentes dans le travail marchand mais de façon très sous estimée par les statistiques, pendant longtemps on n'a pas compté le travail dans la sphère domestique, le travail à vocation marchande n'était pas reconnu comme tel car l'argent revenait à leurs conjoint. Le travail salarié des femmes a fait l'objet d'un encadrement législatif spécifique au tournent du XXe siècle qui parfois était discriminant comme par exemple l'interdiction du travail de nuit aux femmes en1892. Parfois l'inverse comme le congés maternité qui représente une reconnaissance du travail des femmes en 1913. Cette reconnaissance va être remise en question notamment avec la politique familiale de la seconde guerre mondiale. Comme l'allocation du salaire unique qui disparaît seulement en 1978. Cette allocation encourage les femmes à rester au foyer loi votée en 1946. Elle a eu pour effet une diminution significative du taux d'activité des mères de 2 enfants notamment. (passe de 23 à 17%) Le début des années 60 marque un tournant dans le travail des femmes car le taux d'activité féminin amorce une progression rapide. 59% en 75, et en 2010, 85%. Le nombre de femmes actives a doublé entre le début des années 60 et la fin des années 90. Ce processus de féminisation de la population active se fait partout en union européenne et correspond à la tertiarisation de l'économie. Cette progression de la part des femmes active est liée à l'extension de l'emploi salarié qui accompagne la tertiarisation de l'économie. En accédant au salariat. En devenant salariées leur travail va être reconnu statistiquement et légalement et va changer de statut : cela constitue une source possible d'indépendance par rapport au lien conjugal. On peut aussi constater le besoin de main d’œuvre de l'Etat, on reconnaît donc en 57 par le commissariat, un salariat féminin nécessaire. La politique familiale incite les femmes à ne plus rester au foyer. Autre facteur : l'aspiration à la mobilité sociale des couples puisque le double salaire est ce qui va permettre d'accéder au confort moderne des trente glorieuses. (Forme d'indépendance pour les femmes) Il y a aussi un effet de scolarité avec une croissance de diplômées, même si cet effet n'a une répercussion qu'en 1980. Malgré ce mouvement général de progression d'activité féminine on constate que l'accès à l'emploi est encore inégalitaire entre les hommes et les femmes. Le temps partiel reste une forme d'emploi féminine et la part de chômage féminine est plus importante.
Le travail à temps partiel est aujourd'hui majoritairement imposé par les employeurs. Ce n'est pas quelque chose que l'on choisit le plus souvent (50% des cas). Contrairement à la représentation courante de la demande des femmes au temps partiel, le temps partiel est plus répandu chez les femmes de moins de 25 ans ou de plus de 59 ans. Elles ne sont plus concernées par l'éducation des enfants, il y a 30% des emplois féminins au temps partiels choisit pour s'occuper es enfants. Au contraire le temps partiel sera un obstacle pour l'associer à d'autres activités car souvent les horaires imposés par l'employeur sont trop atypiques. Les femmes jeunes peu diplômées et peu qualifiées sont les plus concernées, essentiellement dans les secteurs privés. Il constitue une source importante de sous emploi pour les femmes. Le temps partiel choisit concerne des femmes plus qualifiées, dans des emplois stables et souvent dans des secteurs publics. On parle de temps partiel choisit avec précaution car les hommes et les femmes ne sont pas aussi nombreux à choisir de travailler à temps partiel 6% pour les hommes contre 34% des femmes. Cette différence traduit des rôles parentaux traditionnels.
La question du chômage et de l'inactivité. On constate un surchômage féminin. On peut y voir une manifestation supplémentaire des inégalités de genre dans la sphère professionnelle. Le genre doit être conjugué avec d'autres facteurs qui multiplient les effets. En France, le taux de chômage des jeunes est différencié selon le sexe, 25% pour les femmes contre ... pour les hommes. Les taux de chômage varient fortement selon les formations initiales ou la catégorie socio-professionnelle. Si on sort d'un CAP ou d'un BEP le taux de chômage est de 20 pour les hommes contre 30 pour les femmes. La situation d'immigration constitue un autre facteur discriminant, le taux de chômage de l'ensemble de la population immigrées est évaluée à 15,5 % c'est-à-dire 13% pour les hommes et autour de 18% pour les femmes. L'analyse des inégalités hommes femmes face au chômage se combine à d'autres facteurs discriminant qui vont accentuer l'effet du genre. Le chiffres du chômage féminin doivent être pris avec précaution, car ils est sous évalué en raison du choix que peuvent faire certaine femmes de se décrire inactives plutôt que chômeuses.
La persistance de inégalités de salaires entre hommes et femmes constitue un facteur des inégalités de l'emploi. On estime que les hommes valent 25% en plus que les femmes à niveau de diplôme et de travail égaux.
Les femmes travaillent souvent dans les secteurs les moins rémunérateurs. Même en isolant les facteurs de différenciation comme la durée du travail, un écart subsiste toujours entre les rémunération entre hommes et femmes. Cet écart est d'autant plus grand que l'on s'élève dans la hiérarchie des emplois. Finalement la féminisation du marché du travail n'a pas débouché sur une égalité à l'emploi.
Un marché du travail qui reste segmenté.

Le marché du travail reste segmenté. Les hommes et les femmes continuent tendanciellement à exercer des métier différents, même s'ils le font, ils ne le font pas dans les mêmes condition et ne connaissent pas les mêmes carrières. Les formations restent différenciées (sciences masculines, femmes littéraires et femmes minoritaires dans le prestigieux). On observe que la progression des femmes dans le salariat fait qu'elle se sont massivement concentrées dans le secteur tertiaire et sont venues grossir les rangs de professions déjà fortement féminisées. Notamment dans le secteur de l'éducation, de la santé et du social qui sont actuellement féminisées à 75%. La majorité de la population active féminine est concentrée dans 3 secteur : Commerce, secteur des administrations, éducation santé et action sociale. Si on ajoute a ces trois secteur les service aux particuliers et aux entreprise, ces quelques secteurs regroupent 8 femmes sur 10. On parle d'une ségrégation horizontale du marché du travail. D'autres secteurs sont masculinisés, à l'instar de l'industrie automobile à 85% masculine, le secteur des transports, le secteur de la construction. Cette ségrégation horizontale se double d'une ségrégation verticale puisque les femmes sont de moins en moins nombreuses au fur et à mesure qu'on progresse dans l'échelle des métiers. Ainsi leur proportion parmi les cadres et les professions supérieures et de 30%. Elles se retrouvent dans des métiers ou la qualification est peur reconnues et qui sot par conséquent mieux rémunérés. Tous les métiers relatifs au soin, à la prise en charge des jeunes enfant et des adultes dépendants sont attribués aux femme (métiers du care). Cela montre que l'accès des femmes au marché de l'emploi n'a pas remise en question la division sexuée du travail. Ces métiers sont perçus comme étant dans la continuité des valeurs attribuées aux femmes traditionnellement. Des métiers où leur qualification est peu reconnue. C'est l'idée que les femmes restent souvent sur des emplois typés et dévalorisés et on observe une hiérarchie sociale implicite entre les métiers masculins et les métiers féminins. Une hiérarchie implicite qui explique que lorsqu'une profession se féminise elle est touchée par une perte de prestige social (métier d'instituteur et de médecin généraliste par exemple).

Jeanne.W

Messages : 20
Date d'inscription : 05/10/2017
Age : 19

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum