Chapitre 1

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Chapitre 1

Message par Jeanne.W le Lun 4 Déc - 14:44

Introduction aux sciences sociales- Mme Paula Cossart.
Introduction aux sciences sociales
I. Les différentes approches des classes et des strates sociales
La notion de classes sociales est très policémique en sociologie, mais c'est une notion très importante car la sociologie s'est constituée comme une discipline scientifique au moment où l'ordre social a été bouleversé, au XIXe siècle. Les fondements de la société actuelle ont été renversés et les ordres se sont effacés devant les classes sociales. On pourra observer un affrontement entre les théories de Karl Marx et Max Weber.
1) Castes et ordres
Il a existé d'autres logiques de structuration de la société, notamment des divisions en castes et en ordres. Toutes les sociétés sont caractérisées par des inégalités.
Exemples des castes en Inde : Elles sont organisées selon une hiérarchie stricte, qui forme des groupes très fermés. Les castes ont été juridiquement abolies mais elles continuent de régir l'organisation sociale de l'Inde. Les castes sont fondées sur une division économique sociale et politiques, confortée par des principes de pureté religieuse. Les castes sont héréditaires, les enfants appartiennent à la même caste que leurs parents. Elles sont renforcées par la pratique de l'endogamie (mariage à l'intérieur d'une même caste). La permanence de ce système s'explique par la séparation très nette des fonctions sociales (ce système dure depuis 2000 ans).
On trouve au sommet de la hiérarchie les prêtres qui gèrent le sacré. Au deuxième rang, on retrouve les guerriers et les producteurs, au troisième rang on retrouve les commerçants et les travailleurs de la terre, et enfin les serviteurs. On peut également trouver le groupe des intouchables, qui sont des personnes exclues du système des castes.
Il existe tout un régime d'interdits qui limite les relations entre les castes, renforçant l'appartenance à une caste. La pureté des castes supérieures fait opposition à l'impureté des castes inférieures. Un intouchable considéré comme impur ne peut prendre son repas qu'avec un autre intouchable, car il ne peut toucher la nourriture des castes supérieures.
Le premier sociologue qui étudie les castes est Célestin Bouglé (Essai sur le régime des castes 1935), proche de Durkheim. Il retient trois critères pour définir une caste :
- la spécialisation héréditaire : l'exercice d'une profession dépend étroitement de l'origine sociale de l'individu, étant donné qu'il demeure dans le groupe de son père.
- la hiérarchie : l'appartenance à un statut résulte d'un système d'interdits : certaines activités sont inaccessibles à telle ou telle caste.
- La répulsion qui conduit les membres des castes à éviter les relations avec les autres castes (relations épisodiques et ponctuelles seulement)
Le système de castes est un système très peu retrouvé dans l'Histoire, mais le maintien des positions sociales est très fréquent et très intéressant.
Le système d'ordres est celui qui était mis en place pendant la France de l'ancien régime. 3 ordres qui ont des fonctions spécifiques coexistent : clergé, noblesse et tiers état. La société d'ordres a été établie au cours de la féodalité, qui distinguait selon ce dont les individus sont chargés (de la prière, de la guerre, du travail).
Le clergé détermine des principes d'organisation sociale. La noblesse a pour rôle d'assurer le maintien de l'ordre social. Ces deux ordres exercent leur pouvoir sur le tiers état, extrêmement diversifié (il comprend la bourgeoisie qui sont les commerçants, les paysans, l'artisanat ...) Les deux premiers ordres ne sont pas totalement fermés ; l'endogamie n'est pas permanente (pas de stricte séparation). Cette organisation vole en éclat avec la révolution française qui supprime les ordres et ouvre la voie à une société sous de nouveaux principes.
La fin de la société d’ordres donne naissance à une division en classe sociales, dû à la révolution industrielle (grande transformation sociale du XIVe siècle). Dans cette nouvelle organisation sociale les critères sont plus flous que par le passé. L’analyse de la stratification sociale au sein de la société industrielle est entreprise par les premiers grands sociologues.
Cette organisation nouvelle vient de l’activité économique exercée par les individus (plus de statut juridique par l’état ou par la religion). C’est l’importance du travail qui détermine le statut social (grâce à la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen en 1789 : « Les hommes naissent libres et égaux en droits », il n’y a plus de distinction entre les individus dès la naissance.)
La notion de classes sociales se construit au XIXe siècle en Europe à une époque de bouleversements. C’est la fin des inégalités de droits, mais tous les individus ne sont pas socialement égaux.
2) Les classes sociales : concept central de la sociologie.
Les classes sociales sont essentielles dans l’idéologie de Karl Marx. Elles ont une place centrale dans l’évolution sociale et d’après Karl Marx, c’est une notion fondamentale pour comprendre la société humaine. (Marx et Engels : Manifeste)
D’après ce Manifeste, l’histoire de toute société n’a été que l’histoire de la lutte des classes. La démarche intellectuelle de Karl Marx est le matérialisme historique, il fait une opposition des classes sociales.
Marx défini une société par son mode de production et une contradiction entre deux classes centrales : d’un côté ceux qui sont propriétaires des moyens de production et l’autre côté ceux qui sont propriétaires de leur seule force de travail. C’est une société caractérisée par les rapports de production, ce sont deux classes aux intérêts opposés.
Marx affirme que la lutte des classes est le moteur de l’histoire : c’est par la lutte entre ces deux classes que va se faire la marche vers l’ordre : c’est une analyse globalisante, ici la stratification sociale se résume à la propriété et à l’exploitation de l’autre classe.
Le critère objectif de Marx, c’est la place occupée dans le processus de production. Les propriétaires s’opposent aux non propriétaires (salariés de la société industrielle qui pour survivre doivent vendre leur force de travail.) Cela conduit à une approche réaliste des classes sociales. Elles existent dans la réalité, le sociologue n’en fait que rendre compte. Marx complète son analyse par un critère subjectif, celui du sentiment d’appartenance à la classe sociale.
Le 18 brumaire de Louis Bonaparte étudie le coup d’état du 2 Décembre 1851 (analyse). On s’y interroge de la passivité du peuple des campagnes lors de ce coup d’état. Les paysans forment la classe sociale la plus nombreuse mais ils ne se réunissent pas pour défendre leurs intérêts, à cause de la répartition spatiale et l’isolement spatial. Cela crée une distinction entre la classe en soi et la classe pour soi :
-La classe en soi existe à partir du moment ou un ensemble de personnes occupe la même position dans les rapports de production.
-La classe pour soi exige une conscience de classe c’est-à-dire l’apparition d’intérêts communs que les classes sociales vont défendre collectivement contre les autres classes.
Pour Marx les classes sociales existent lorsqu’il y a classe pour soi (prise de conscience d’intérêts et ennemis communs, agissent et luttent). Le passage de l’une à l’autre s’effectue par la médiation de la lutte contre les autres classes.
Le mode de production capitaliste provoque une simplification des antagonismes sociaux : cela aboutit à la division en deux grandes classes opposées : la bourgeoisie et le prolétariat. Marx en vient ensuite aux fractions de classes : quand les intérêts divergent au sein du prolétariat par exemple.
3) Max Weber : classes, statuts et partis.
Etude de la stratification par Weber. Weber pose les éléments dans son ouvrage « Economie et société ». Il ne réduit pas l’analyse des groupes sociaux aux classes sociales. Les classes sociales ne constituent qu’un élément des strates sociales.
Il définit 3 sphères avec une hiérarchie :
Ordre économique
Ordre social
Ordre politique
Pour comprendre les différences sociales on y associe respectivement :
La richesse
Le prestige
Le pouvoir
Les classes de Weber regroupent des individus selon leur plus ou moins grande facilité à se procurer des biens et des services (ici, la capacité à consommer défini leur classe social). Il ajoute des groupes de statuts qui renvoie à l’ordre social lié aux prestiges des positions. La considération sociale n’est pas seulement liée à la position économique. La possession d’un niveau d’étude élevé, etc… peuvent être valorisés et peuvent contribuer à rapprocher les individus (appartenance au même groupe). Le rapport au pouvoir fonde la troisième strate. L’adhésion à un regroupement leur peut permettre à l’individu d’obtenir des gratifications matérielles ou symboliques. Cette appartenance peut permettre d’y faire carrière ou d’accéder à des ressources.
Il relie ces trois types de hiérarchies dans le sens où il y a de fortes probabilités qu’un individu soit au même niveau dans les trois domaines, mais ce n’est pas automatique. Weber fait donc une analyse tridimensionnelle qui se distingue de celle de Marx.

4) La sociologie de Pierre Bourdieu
Les 2 capitaux les plus importants sont économiques et culturels pour déterminer les groupes sociaux. Dans sa conception des classes sociale, i considère qu’il y a toujours un aspect relationnel. Une classe sociale ne peut se comprendre que lorsqu’elle est en relation avec d’autres classes sociales. Pour lui la position des individus Dans l’espace des classes sociale, il prend en compte le volume de taille des capitaux et leur structure. Les agents sociaux se distribuent selon une double dimension : On pourra opposer des individus avec un grand capital par rapport à ceux qui en ont le moins. C’est la hiérarchisation la plus déterminante (axe vertical). La seconde distinction et la structure de leur capital. Cela oppose les individus pour lequel le capital économique domine par rapport à ceux dont le capital culturel domine. Il y a des clivages internes entre les individus qui occupent la même position sur l’axe vertical (cf. schéma). La structure des capitaux permet de distinguer les individus. Il met donc fin à la représentation unidimensionnelle de l’espace social. Il complexifie l’analyse de l’espace social. Il découpe l’espace social en trois classes : (ouvrage « la distinction » 1979)
-les classes dominantes ou supérieures : caractérisées par l’importance du capital dont elles disposent. Dotation élevée en capital. Ils cumulent les différents types de capitaux. Cette classe sait user de la distinction pour affirmer une identité propre. Elle parvient à imposer une culture légitime. Elle comprend deux fractions opposées : la fraction dominante : plus largement pourvue en capital économique que culturel (Bourgeoisie ancienne, patron et grands commerces et de l’industrie, et bourgeoisie nouvelle, cadres supérieurs du privé et des individus Provenant des grandes écoles) et la fraction dominée : celle qui a plus de capital culturel qui regroupe ingénieurs, professeurs et professions intellectuelles.
-la petite bourgeoisie, qui a une volonté d’ascension sociale, mais qui est traversée par un certain clivage. Les membres ont des points communs : position moyenne dans l’espace social. Le concept de petite bourgeoisie renvoie au fait que les pratique et les représentations des individus est marquée par la volonté d’ascension sociale. En matière de culture cette bourgeoisie est peu autonome, elle se conforme largement à ce qu’impose la classe dominante, elle respecte l’ordre social établi, elle a une bonne volonté culturelle qui consiste à imiter la classe dominante. Il y a de nouveau des clivages : Bourdieu distingue trois fractions : la petite bourgeoisie en déclin ou traditionnelle qui est composée de gens exerçant des métiers anciens : commerçants et artisans dont le nombre ne cesse de diminuer, la petite bourgeoisie d’exécution qui comprend les employés, les cadres moyens des entreprises privées, les techniciens et les instituteurs, la petite bourgeoisie nouvelles composée soit de petits bourgeois avec un fort capital culturel, mais qui manquent de capital social pour en faire pleinement partie, soit d’individus issus de la bourgeoisie mais qui n’ont pas acquis de diplômes scolaires qui leur auraient permis de se maintenir dans la classe dominante, leur point communs est de se battre pour accroitre le statut symbolique pour valoriser les professions qu’il exercent, pour modifier la façon dont ces professions sont perçues
-les classes populaires, qui se caractérisent par leur dépossession c’est-à-dire leur très faible possession de capital quelle que soit sa forme. Elles ne peuvent pas essayer de se distinguer, elles seraient condamnées au choix du nécessaire. L’unité de cette classe se fait par l’acceptation de la domination. La valeur qui fonde le groupe serait la virilité.
Bourdieu emploie avec prudence la notion de classes sociales, pour lui les propriété sociales n’existent pas en substance mais en relation avec d’autres. Il considère que le fait de dire d’une classe existe ou non, ce n’est pas le devoir du sociologue. Le découpage en classes n’est pas une opération neutre, c’est un enjeu de lutte, c’est largement le travail de représentation par des portes paroles qui tend à faire exister le groupe, à produire son identité (pas de critère objectif). La classe sociale est pour lui une construction sociale. Il ne faut pas essentialiser une classe sociale mais plutôt étudier les groupes sociaux et leur formation.
La sociologie de Pierre Bourdieu contribue largement à la notion de classe dominante et classe dominée, qui structure l’espace social. Il s’inspire en partie de la sociologie de Karl Marx. L’œuvre de Pierre Bourdieu est basée sur le développement des inégalités sociales et leurs mécanismes de reproduction. Il affirme en même temps que les interactions débordent de l’aspect économique. Il montre l’importance des champs sociaux, et notamment l’aspect culturel. Pour Bourdieu les classes sont dotées de différents types de capitaux :
Les capitaux économiques : revenus et patrimoine,
Les capitaux culturels : ils se présentent sous trois formes
*Institutionnalisés (fait d’avoir un diplôme)
*objectivés (bibliothèque personnelle, etc.)
*intériorisés (ex : l’amour de l’art exige de savoir regarder un tableau, jugement esthétique personnel) : Intérêt que l’on manifeste pour l’art et la culture sous toutes ses formes, lié à la possession culturelle transmise par la famille ou l’école le plus souvent.
Les capitaux sociaux : étendue des relations sociales mobilisables par un individu (liens, relations, réseaux…) Il constitue une forme de valeur ajoutée par rapport aux 2 premiers (il assure un rendement plus important).
La naissance, l’enfance, l’éducation constituent autant de situations pendant lesquels ces individus peuvent acquérir des capitaux.

II. La stratification sociale dans la France contemporaine.
Les deux premières parties sont contrastées.
1) Classes sociales d’aujourd’hui
Les choses ont changé par rapport au moment où débutent les analyses des classes sociales. Les analyses classiques sont centrées sur les classes industrielles. Aujourd’hui on constate un développement nouveau dans l’organisation sociale. Il y a trois phénomènes qui se conjuguent et qui amènent au développement d’un salariat non manuel (essor des grandes firmes, montée en puissance des administration et …) Dans la France d’aujourd’hui on ne peut plus dire que le prolétariat est associé au salariat. Le groupe ouvrier a perdu sa place dans la classe populaire. On a un certain nombre d’individu qui possèdent un salaire assez proche mais ouvriers et salariés ne peuvent pas être associé à une même classe sociale car ils n’ont pas le sentiment d’être dans la même classe, c’est ce que vérifie l’absence d’une grande force syndicale ou politique qui permettrait de souder le groupe. La pertinence des classes sociales n’est pas évidente. Dans la classe sociale contemporaine on peut trouver trois registres d’analyse concernant l’existence des classes sociale : nouvelle phase de financiarisation et de mondialisation du capital, des phénomènes qui élargissent la mise en concurrence des territoires (il existe une nouvelle division internationale du travail) 2Fregilisation de la classe ouvrière industrielle dans les pays du nord qui correspond à une nouvelle forme du prolétariat dans les pays du sud. En France comme dans les vieux pays industriels la condition salariale s’est beaucoup diversifiée car la population active salariée représente 90 % de la population. Elle s’est généralisée à la plupart des conditions de travail. On est loin de l’époque ou l’ouvrier représentait la classe des salariés. Selon Paul Bouffartigues (« le retour des classes sociales, inégalités, dominations, conflits » 2004) il montre que la diversification du salariat est marquée par 5 tendances, 1 la logique de l’exploitation et celle de la logique du salarié subordonné, s’est diffusée dans les activité de services et ou dans les activités fortement intellectualisées. Tension entre la subordination salariale et une exigence d’autonomie caractéristique des professions intellectualisées. 2 Le salariat populaire reste majoritaire, on ne peut pas dire qu’il y ait une disparition du salariat populaire pour une classe moyenne. 3 La diversification du salariat qui accompagne sa généralisation est aussi marquée par l’allongement des scolarités, or elle déborde les seuls besoins d’une force de travail qualifié, conséquences, la moitié de la classe d’âge entre avec des qualifications alors que l’on propose plus de travaux d’ouvriers ou d’employés. Cela développe des fractions nouvelles : les dominés aux étude longue (ouvrage de Schwartz) : fraction instruite au sein des milieux populaires. Ce sont des personnes qui peuvent connaitre l’expérience du déclassement, pour lesquelles les études supérieures ont ouvert un horizon et élevé des attentes mais qui ne pourront pas trouver d’emploi à la hauteur des études. Ils vivront plus difficilement l’expérience de la domination. 4 Féminisation du salariat, la composante féminine passe du tiers à la moitié des années 60 aux années2000. La reproduction du salariat le moins qualifié et le plus exploité s’alimente largement de la domination de l’homme : les femmes sont souvent contraintes a des emplois précaires des temps partiels subits et des emplois non valorisés. Ce sont les femmes qui vivent le plus souvent l’expérience du déclassement, elles sont souvent plus longuement scolarisées et plus diplômées mais ce sont elle qui ne verront pas les résultats de cette éducation élevée. 5 L’emploi public a résisté jusqu’à ce jour au politique de professions d’inspirations libérales, elle représente toujours plus du quart du salariat. Dans ce contexte de chômage de masse, ce clivage entre public et privé connait une nouvelle vigueur (privé privilégié). On note cependant que les luttes sociales sont venues rappeler le rattachement d’une large part de ce salariat publique au milieu populaire et surtout la vulnérabilité partagée.
Interrogation sur l’existence de nouveaux acteurs anticapitalistes que l’on peut apercevoir dans le renouveau de la conflictualité sociale qui laissent penser qu’il existe des dynamiques capables d’unifier le monde salarial. On peut parler des mobilisations populaires de grande ampleur qui ont réagis aux reformes d’inspiration libérales (systèmes spéciaux de retraites) en 1995 le noyau de la mobilisation est constitué des travailleurs des transports publics, mais ils luttent sur des enjeux particuliers et universel et le système plus vaste et universel de la protection sociale. En 2003 ce sont les professeurs qui se mobilisent (groupes de salariés qualifiés et protégés du secteur public) contre la réforme du système des retraites des fonctionnaires. Ces deux exemples montrent que les fractions les plus combatives ne sont pas les plus dominées, les plus précaires, tous se passe comme si aujourd’hui la classe dominante trouvait face à elle un nouveau lieu de résistance aux valeurs du libéralisme. Le reste du salariat peut-il se reconnaitre dans ce combat ?
2) Les catégories socio-professionnelles et leurs évolutions.
Le concept de classes et celui de catégories socio-professionnelles sont très différentes. Le concept de catégories socio-professionnelles est le dénombrement et le classement des individu, usage de statistique qui permet d’observer les mutations de ces classes professionnelles. 1982 : dernière description. Introduit dans le classement la provenance du salarié : employeur public ou privé ? Deux critères importants : le revenu, et la distinction entre salariés et indépendants. La classification socio professionnelle de l’INSEE est tridimensionnelle. Objectif : vise à délimiter des groupes présentant une certaine homogénéité sociale, l’idée est que les individus ayant le même statut socio pro auraient tendances à avoir des comportements des attitudes des opinions similaires (dans tous les domaines). C’est l’INSEE qui établit ces catégories socio-professionnelles, elle en distingue 8, 6 concernant les actifs et 2 concernant les inactifs : les exploitants agricoles ; les artisans, commerçants et chefs d’entreprise ; les cadres et professions intellectuelles supérieures ; les professions intermédiaires ; les employés ; les ouvriers ; les inactifs ayant déjà travaillé ; les autres sans activité professionnelle. Ces 8 ensembles rassemblent les 455 professions que dénombre l’INSEE
Ces PCS (catégories socio professionnelles) sont utilisées dans toutes les enquêtes qui cherchent à étudier les effets sur les pratiques et les opinions selon ces appartenances. (Différences au niveau des revenus, des types de loisirs, des opinions…). Cette nomenclature constitue un outil d’objectivation sociale et c’est aussi une façon de mesurer les évolutions de ces pratiques et de ces opinons. Les limites : cette grille est parfois critiquée car certains regroupements sont parfois arbitraires, ces 8 catégories ne sont peut-être pas suffisamment homogènes. Cette grille ne permet pas de comprendre certaines différenciations dans la société contemporaine, notamment avec la notion de précarité qui touche de façon inégale les salariés. On a critiqué le fait de classer les individus à partir de leur profession car le travail ne suffit pas à définir le statut social de l’individu. Il y a d’autres éléments sociaux qui caractérise l’individu (possession d’un patrimoine…).
Présentation des grandes évolutions des structures sociales en PCS (6 PCS actifs)
-Une classe ouvrière en importante régression. Les ouvriers sont sans doute le groupe social auquel on prête volontiers le statut de classe sociale. C’est un groupe doté d’une longue histoire, ils semblent à première vue constituer un ensemble relativement homogène et cohérent. Cette classe serait unifiée notamment par le syndicalisme et par l’idée qu’il existerait une culture commune au monde ouvrier. Ce groupe a atteint son apogée en terme numérique en 1975, lorsqu’il atteint 37% des actifs, suite à une progression lente et régulière qui commence au XIXe, on verra ensuite un déclin de cette classe dû à la reconversion industrielle. Au cours des années 90 c’est un groupe dépassé numériquement par les employés. De 1982 et 2005 il y a une baisse d’un million d’ouvriers il ne représente que 13,7%. Lié au gain de productivité, et à la fin d’exploitation des mines, sidérurgie, textile et dû à la mondialisation et la concurrence extérieure. La catégorie qui est définie par l’INSEE est un groupe composite : elle rassemble les ouvriers agricoles, les ouvriers qualifiés de l’industrie, les ouvriers de l’artisanat, le monde de la manutention, le monde du magasinage et du transport, des chauffeurs (routiers et taxi) au sein de ces catégories on trouve des ouvriers qualifiés et non qualifiés. La baisse des effectifs s’est accompagnée de mutations internes : diminution du nombre des ouvriers non qualifiés lié à l’évolution des postes de travail industriel, ce sont les principales victimes du chômage. Certains secteurs connaissent une progression de l’emploi notamment les transports et la manutention qui sont éloignés des secteurs ouvriers traditionnels (la grande industrie). Il y a donc eu des mutations morphologiques au sein du groupe. On assiste à une modification de l’identité collective de ce monde ouvrier qui semble atteintes par les transformations du monde du travail et transformation du rapport au travail : individualisation progressive des rémunérations, de la gestion de la main d’œuvre, la crainte du chômage à partir des années 80, la désyndicalisation, la précarisation des conditions d’embauche des entrants dans ce groupe ouvrier. A ce phénomène s’joute des changements comportementaux : au cours des Trente Glorieuses (croissance économique), des politiques menées en matière de redistribution des revenus, le niveau de vie des français a augmenté, de la classe ouvrière mais pas seulement. Cela entraîne à la participation à la société de consommation de la classe ouvrière, et sa consommation s’est rapprochée de ceux d’autres groupes. On constate un rapprochement des comportements de consommation... La classe ouvrière et la deuxième catégorie socio pro c’est un groupe dont la visibilité sociale s’est en partie effacée notamment en raison de l’hétérogénéité croissante au sein du groupe.
-Les agriculteurs et les exploitants : quasiment disparue ? Cette catégorie a connu une érosion régulière et continue au sein de la population active. L’Exode rurale a été plus tardif en France que dans les autres pays, et a touché d’abord les salariés agricoles. Ils sont partis et ont rejoint massivement les usines ou ils sont devenus ouvriers. Pendant un certain temps les petites exploitations persistent en France contrairement aux autres pays et c’est notamment elles que le sociologue Mendras a appelé la fin des paysans ne s’est produit qu’à la fin des années 60, depuis le nombre d’agriculteur a été divisé par 3. Il insiste sur les transformations induites par l’introduction de la mécanisation et le triomphe de l’industrie agro-alimentaire il pense que ce n’est pas seulement un groupe social qui décline, mais une civilisation à l’ère traditionnelle qui tente à disparaître. Il montre que l’agriculture reste une préoccupation politique importante et qui continue d’avoir une existence symbolique (syndicat qui montre l’unité du monde rural) mais les spécificités du monde paysans sont en train de disparaître au profit des agriculteurs producteurs soumis à la loi du marché et l’identité paysanne aurait du mal à se reproduire et à se transmettre aux générations suivantes (enjeu car groupe en déclin). En 2005 le groupe agricole ne représente plus que 1,3% de la population. Les paysans sont aussi entrés dans la société de consommation. Il y a une adaptation de ceux qui sont restés dans le monde agricole qui permet à ceux-ci de survivre à l’exode rurale.
-Les artisans, commerçants et Chefs d’entreprise : ils sont indépendants et non-salariés, à l’exception de la catégorie des professions libérales dont la qualification nécessaire est supérieure. La part de cette catégorie décroit régulièrement mais faiblement en raison de la concurrence exercée par l’industrie pour l’artisanat, et par la concurrence de la grande distribution auprès des petits commerces. Pendant longtemps, s’installer à son compte représentait un moyen efficace de montrer son ascension sociale et d’échapper à la condition ouvrière mais cela ne se vérifie plus aujourd’hui. C’est une catégorie hétérogène, catégorie très individualiste, donc très difficile à définir. Ils ont malgré tout certains intérêts communs comme la défense de la propriété privée, certain attachement à des valeurs traditionnelles, la possession d’un volume de capital économique supérieur à celui du capital culturel, ces différents éléments ont conduit le groupe social à une préservation politique.
- Les cadres et professions intellectuelles supérieures : Catégories qui rassemble les fonctionnaires publics : fonctionnaires de catégories A et Les professions de l’enseignement et de la recherche, les cadres du secteurs privés (ingénieurs, cadres administratifs et commerciaux), les professions de l’information, de l’art et du spectacle. C’est un groupe qui a connu une croissance soutenue liée a la tertiarisation des emplois et à l’augmentation des qualifications demandées sur le marché du travail. C’est un groupe qui au départ était très hétérogène, et dont l’unité s’est faite peu à peu. (Boltanski, les cadres 1982) Ce groupe a connu un essor important a partir des années 60 : 4% de la population active en 1962 à 10% dans les années 90. C’est un groupe encore très divers car les salariés du public diffèrent du privé sur plusieurs points. Il y a des positions professionnelles et des revenus extrêmement divers. Certains traits caractérisent l’évolution du groupe : la caractérisation de la féminisation aujourd’hui + d’un Tiers de l’effectif. Les enfants dont les parents sont de cette classe, statistiquement, restent dans cette classe. La localisation de ce groupe : 1/3 des cadres vivent en Ile-de-France. Boltanski : objectif : comprendre comment s’est formée la catégorie de cadre. Il se demande quels sont les mécanismes sociaux qui font que cette catégorie va avoir suffisamment de cohérence pour s’objectiver (devenir une réalité qui s’impose aux yeux de tous). Il prend au départ un groupe hétérogène et étudie son unité progressive. L’apparition des cadre en tant que groupe sociale coïncide avec la connaissance d’un salariat bourgeois qu’on ne pouvait pas rattacher aux ouvriers et aux salariés en raison de ses revenus élevés et de ses qualifications, mais c’est un salariat qui ne possède pas suffisamment de fortune pour être patron. Il y a donc un personnel d’encadrement qui voit e jour à la fois dans le monde de l’industrie et ensuite dans les services. Boltanski commence son étude en insistant sur le flou dans cette classe et en même temps ces différences disparaissent progressivement : la magie du mot cadre permet de rassembler des réalités très différentes. Cette classe ne s’explique pas par des critères morphologiques, il y a un travail de représentation, notamment par l’instauration d’un syndicalisme de cadre, des textes vont attester progressivement de l’existence des cadres. Cette construction s’appuie aussi sur la multiplication des formations spécifiquement destinées au développement d’un personnel d’encadrement (écoles d’ingénieurs et de commerce). L’importation en France de techniques de management de USA permet aussi l’unité de cette catégorie. Il insiste aussi sur le lancement d’une presse destinée aux cadres qui va dessiner un mode de vie particulier de cette population dans les années 70. Ce sont pour lui ces différents éléments qui vont contribuer à l’invention d’un nouveau groupe social qui va s’imposer comme une réalité aux intéressés eux-mêmes comme une réalité. Boltanski montre ainsi qu’à partir du moment où le groupe va prendre de la consistance, le mot se diffuse et de plus en plus d’individus se définissent et sont définis comme cadres. Cette notion imprécise est finalement une force car beaucoup de personnes peuvent s’identifier. C’est à partir du moment où les gens se reconnaissent comme cadre que le groupe est considéré comme une réalité. Il est important e comprendre les mécanismes qui ont permis l’émergence des différents groupes sociaux.
-Les professions intermédiaires : caté qui remplace celle des cadres moyens. C’est un groupe dont la consistance sociale est faible. Et qui constitue un groupe entre les cadres et les employés. Quelqu’un qui a un certain niveau qui ne permet pas de la classer au-dessus ou en-dessous. Groupe en croissance sensible 10% dans les années 60 à plus de 20% en 2000. Elle rassemble certaines professions médicales, puéricultrice, préparateur en pharmacie, les techniciens, certaines activités de la fonction publique, inspecteur de police, les membres du clergé. Ce sont des professions qui sont liés à la tertiarisation croissante des emplois. Ce sont des professions qui évoluent le plus souvent dans de grandes organisations. Il reste très difficile de repérer les traits communs e cette catégorie et donc il est difficile de découvrir ce qui fait l’identité des professions intermédiaires. Elles ont des caractéristiques assez différentes des secteurs privés, les catégories du public sont plus féminines, plus diplômés, proviennent du monde ouvrier, et en général les salaires sont plus faibles.
-Les employés : C’est un groupe en essor considérable. Il est devenu en effectif la première PCS en détrônant les ouvriers au cours des années 90. Cette catégorie à l’origine rassemble les employés de commerces et les employés de bureau. Progressivement on a rattaché plusieurs emplois depuis : certains agents de services des fonctions publiques : poste, police…, le personnel d’exécution des entreprises industrielles et des entreprises d service : hôtesse d’accueil, guichetier…, les métiers liés à la vente, les individus dont la profession relève des services directs : serveurs, coiffeur salarié, concierge… La distinction de ce groupe au précédent se justifie par un niveau de qualification plus faible, c’est dans la fonction publique que la frontière est plus marquée. La caractéristique de ce groupe relève du genre : à 80% féminin une femme active sur 2 est employées. Les seuls pour lesquels les hommes dominent sont très typées comme les policiers ou militaire. Distinction entre employés et ouvriers se fait entre le monde des bureaux (cols blancs) des ouvriers (cols bleus). Ils sont souvent perçus comme les membres inférieurs des classes moyennes, par la proximité professionnelle qui les relient, par la maîtrise des dossiers… Mais d’autres éléments les rapprochent des catégories inférieures : comme l’homogamie entre les deux groupes. Ces caractéristiques ne donnent pas assez de consistance à ce groupe : faible mobilisation collective de ce groupe. L’origine sociale des employés comme la destinée de leurs enfants les relient le plus souvent à d’autres groupes sociaux.
III. mobilité sociale et moyennisation : vers une réduction des inégalités ?
1) Comment mesure-t-on les inégalités ?
Il existe des inégalités dans tous les pays. Deux types d’inégalités :
Economiques : revenus, patrimoine.
Sociales : loisirs, pratiques culturelles, prestiges.
En France les inégalités ont un caractère pluridimensionnel, elles sont multiples, elles touchent aussi d’autres domaines et forment un système, elles ont un caractère cumulatif.
Les inégalités monétaires : liées aux revenus et au patrimoine : inégalités les plus évidentes. Elles comprennent les revenus d’activité, ils correspondent aussi aux revenus du capital ainsi qu’au revenu de transferts. Le salaire varie beaucoup selon le poste occupé (en 2015 le salaire mensuel net d’un cadre en France est trois fois plus élevé que celui d’un employé). Les inégalités évoluent et peuvent se traduire par des inégalités d’épargne, et donc de patrimoine qui renforcent encore les inégalités. Patrimoine : Ensembles des avoirs d’un ménage sous forme financière ou non financière (immobiliers, terrains…). Selon l’INSEE en 2015 un ménage de cadre dispose de revenus 2,2 fois supérieurs à un ménage d’employés après impôts, en matière de patrimoine les cadres possèdent 7,3 fois plus. Les 10% de ménages qui reçoivent le plus de revenus reçoivent au total 25% du total des revenus distribués mais ils possèdent 46% du patrimoine des ménages. Le patrimoine est ce qui accentue le plus les écarts entre les plus riches et les plus pauvres. Il ne faut pas raisonner aux extrêmes lorsqu’on étudie les inégalités. L’intérêt n’est pas de comparer le plus bas avec le plus haut. Si on compare les chefs d’entreprises au minimum sociaux on a une différence de revenus de 1000 à 2000. Mais cela n’est pas forcément intéressant. La pauvreté est une notion relative : on est toujours pauvre comparé à quelqu’un. En France il y a un seuil pour définir la pauvreté : est pauvre tout individu dont le niveau de vie est inférieur à 50% du niveau de vie médian.
Il existe d’autres inégalité qui ne sont pas monétaires qui découlent parfois des inégalités de revenus et de patrimoine. (Exemple : différence entre le taux d’équipement d’un ordinateur qui s’expliquent par une différence de revenus, mais aussi par des différences de qualifications professionnelles mais aussi culturelles.)
Les inégalités sont multiples et elles se cumulent. Deux exemples : les inégalités qui existent face à la mort et la maladie, elle est moindre pour ceux qui appartiennent aux classes défavorisées comparée aux plus avantagés. Il y a une différence de 7ans entre les groupes sociaux. Il n’y a pas que des inégalités au niveau professionnel mais aussi entre hommes et femmes. Les maladies ne touchent pas toutes les mêmes classes sociales : les lombalgies touchent plus les ouvriers. Les taux de participation des femmes au cancer du sein et de l’utérus et d’autant plus faible que le statut économique est bas. En Alsace le surpoids atteint plus les enfants d’ouvriers et moitié moins pour les enfants de cadres. Ces différences sont liées aux conditions d’accès aux soins mais aussi à des facteurs liés aux modes de vie, notamment ce qui relève de la consommation d’alcool, de tabac, et alimentaire. (Plus forte consommation de cela vers les plus défavorisés). Les inégalités de réussite scolaire sont fortes dès l’école primaire. Les trajectoires sont encore plus divergentes dans le secondaire et le supérieur avec la sélection. Exemple : En 2005, 31% des étudiants sont fils et filles de cadres supérieurs et professions libérales, et on compte seulement 10% de fils et filles d’employés. En général ces catégories représentent pour les ouvriers 16% et 7,8% pour les cadres supérieurs et professions libérales.
2) Qu’est-ce que la mobilité sociale ?
La valeur qui est accordée à la mobilité sociale est extrêmement importante dans les sociétés qui affirme l’identité juridique des individus. De façon générale elle définit les changements de place et de statut social dans la hiérarchie sociale. Elle vise donc les changements de position au sein de la société que les individus peuvent connaître durant leur existence mais aussi par rapport au statut de leurs parents.
C’est généralement la situation socio-professionnelle qui évalue la mobilité. Cette mobilité est vue comme un indicateur de l’égalité des chances. Cette mobilité sociale révèle la possibilité pour tout individu d’atteindre différents statuts, d’évoluer dans la hiérarchie sociale. Elle permet de distinguer deux types de sociétés :
Celles qui évolue sur des hiérarchies fermées : où les individus ne sont pas égaux en droit, forte immobilité sociale car le statut est attribué par la naissance. Il est très difficile voire impossible de s’en détacher
Les sociétés qui affirment l’égalité des droits entre les individus. Des sociétés où les hommes naissent libres et égaux en droit. Juridiquement, il n’y a pas de place attribuée à l’individu à la naissance. Sociétés qui prônent l’égalité des chances, et dans laquelle le parcours des individus est lié à l’effort de l’individu, à son mérite. On accorde une valeur très importante à la mobilité sociale dans ces sociétés. La société française a particulièrement insisté sur cet idéal méritocratique : l’idée que les individus réussissent selon leur mérite. C’est ce qui rend l’étude de la mobilité sociale intéressante car c’est là qu’on voit le décalage entre l’idéal et la réalité. Cette mobilité est relative, on a affaire à beaucoup de reproduction sociale plutôt qu’à une forte mobilité sociale.

Les différents types de mobilités sociales.
La mobilité géographique qui désigne les déplacements des individus dans l’espace. Ces déplacements s’accompagnent généralement des transformations au niveau de l’emploi, de l’habitat et de la famille. (En France elle a été particulièrement importante dans les années 50-80 avec l’exode rurale mais aussi l’immigration, les migrations de travailleurs et le rapatriement des français d’Algérie en 1962)
La mobilité conjugale qui désigne le changement de position social avec le mariage avec quelqu’un d’un milieu différent. On constate qu’en France il y a surtout une forte immobilité conjugale, le choix du conjoint et directement lié à la place de l’individu dans la société : forte homogamie.
La mobilité socio-professionnelle qui traduit de façon synthétique un changement de statut, de revenus, de responsabilités qui vont rejaillir sur le mode et le niveau de vie. C’est cette mobilité qu’étudie le sociologue pour mesurer et analyser les changements de statut social.
Distinction entre la mobilité intragénérationnelle, concerne le parcours des individus durant leur vie, elle va mesurer les positions successives de l’individu à différents moments de sa trajectoire professionnelle ; et intergénérationnelle qui désigne le changement de statut social entre deux générations successives. (Généralement la position du père et la position du fils selon la profession exercée.)
Distinction entre mobilité horizontale et verticale. On parle de mobilité horizontale quand le changement de situation ne modifie pas de façon significative la place dans la hiérarchie sociale. (Un fils ou une fille d’ouvrier qui deviendrait employé.) Elle vise à décrire le parcours d’un individu dont la position sociale évolue sans que ce soit qualitatif dans la hiérarchie sociale. On parle au contraire de mobilité verticale lorsque le changement implique aussi un changement dans la hiérarchie sociale. Elle signifie que le changement de position d’un individu se traduit par l’appréciation ou une dépréciation de son statut social.
Distinction entre mobilité ascendante et descendante. Ascendante : elle se caractérise par l’accès à un statut social supérieur et inversement pour la mobilité descendante. (Quand il y a descendance ou ascendante traduit d’une mobilité verticale.)
Distinction entre mobilité structurelle et nette ou pure. Les mesures statistiques permettent d’évaluer la mobilité brute, totale, une mobilité observée. On se rend compte qu’une partie des flux qui compose cette mobilité observée, elle vient de l’évolution structurelle de la société, particulièrement les transformations de l’emploi. (Déclin de l’agriculture, Moins de nécessité d’agriculteurs, leurs enfants changent de niveau). Cette mobilité qui est due à l’évolution des structures économique est appelée mobilité structurelle, et le reste de la mobilité est la mobilité pure. (Mobilité pure = mobilité totale – mobilité structurelle). C’est la mobilité pure qui va donner l’indication de l’égalité des chances et qui donne une indication des possibilités d’évolutions qui vont permettre aux gens de changer de statut social.
On analyse cette mobilité sociale avec des tables de mobilité basées sur la position sociale des pères par rapport à celles de leur fils. Deux types de tables : les tables de destinées et les tables de recrutement.

PCS fils
PCS père
agricole
ouvrier
cadre


Agriculteur





Ouvrier





Cadres


















A partir de ce tableau on peut analyser le recrutement et la destinée. Le recrutement, c’est s’intéresser à la position sociale des pères pour le groupe social auquel il appartient. L’analyse de la destinée, ça consiste à lire la position sociale des fils, d’une condition sociale du père. (Lecture horizontale du tableau). En France ces tables de mobilité sont utilisées avec la nomenclature étudiée précédemment. La table de destinée cherche à saisir l’évolution au sein de la population active des personnes issues d’un groupe social donné. (Voir ce que devient la génération suivante). L’INSEE réalise l’enquête. Elle vise à comparer la situation d’hommes âgés entre 40 et 59 ans à celle de leurs pères au même âge.
Ces mesures de la mobilité sociales sont imparfaites car il y a des choses que ces tables ne mesurent pas :
La situation de femme, sui pose des problèmes d’analyse, on associe le statut des femmes à celui de leur conjoint. Désormais on s’efforce de mesurer la mobilité féminine. Si on compare l’activité des femmes d’aujourd’hui à celle de leur mère ou de leur grand-mère on va se confronter au poids des femmes inactives de la génération la plus ancienne. On ne peut pas les comparer à leurs pères car il y a les genres des métiers.
On peut se demander s’il est pertinent de ramener la position sociale d’un individu à son appartenance à telle ou telle catégorie socio-professionnelle. On pourrait étudier d’autres critère pour situer un individu dans la société. (Engagement…)
On peut se demander s’il est pertinent de comparer des conditions professionnelles avec des écarts de 30 ou 50 ans. Comment prendre en compte l’émergence de nouveaux métiers, de nouveau contrats de travail et la disparition de certains ?
Les mesures de mobilités sociales mesurent l’égalité des chances mais il est approximatif et incomplet.
3)Une perspective de la reproduction sociale.
Les tables de mobilité sont réalisées depuis 1963. Cela nous permet de voir que la mobilité sociale a progressé en compilant les tables de mobilité masculine. Le taux d’immobilité sociale a été divisée par deux. Cette évolution est expliquée par la transformation de la structure des emplois, notamment la tertiarisation des emplois, développement du secteur des services et de l’administration publique. Cela a participé à la progression de la proportion de cadre et d’employés dans la vie active. Mais aussi la désindustrialisation, qui a provoqué une érosion de la catégorie des ouvriers. La tertiarisation a favorisé une plus grande égalité des chances de mobilité sociale et en particulier pour les générations nées avant 1955 puisqu’elles se sont retrouvées dans une situation très favorable. La démocratisation scolaire des années 70 et 80 a aussi joué dans ce sens en réduisant certaines inégalités notamment les inégalités d’accès au baccalauréat. Sociologue Louis André Vallet qui a mis en évidence une détérioration à partir de 1985 de ration mobilité ascendante/ mobilité descendante. Entre 1985 et 2003 la proportion d’homme âgés entre 35 à 59 ans qui connaissent une mobilité ascendante est passée de 18,7% à 23,2%, mais la part qui ont connu une mobilité descendante est passée de 4,8% à 7,2%. En 1985 on avait 3,9 fois plus de chance de connaître une mobilité ascendante qu’une mobilité descendante, en 2003 ce ratio diminue. Ce mouvement positif est freiné au début des années 80 par le développement du chômage de masse qui est mis en évidence par Marie Duru-Bellat : c’est le fait que le développement des emplois précaires conjugué à la poursuite de la massification scolaire a également détérioré le rendement des diplômes. Cela peut aussi expliquer le déclassement du milieu des années 70.
4)Le rôle de l’école.
Dans les années 1880, à partir de la mise en place de l’école laïque publique et obligatoire. L’idée des réformes de Ferry est que l’école est censée réduire l’inégalité des chances et favoriser la mobilité sociale. Cela ne se passe pas qu’en France d’autres pays allongent la durée des études obligatoires. En France la dépense moyenne de l’état pour l’éducation d’un élève dans les années 2000 est de 6000euros alors qu’elle était de 3500 en 1975. L’idée est que l’école est ouverte à tous et permet l’égalité des chances en fonction du seul mérite de l’individu. L’école s’est massifiée en accueillant des élèves de plus en plus nombreux. Le niveau d’étude augmente toutes les classes sociales. La part des jeunes qui sortent du système éducatif sans diplôme ou juste avec le certificat d’études primaire tourne aujourd’hui autour de 10% contre 30% dans les années 80. On a une hausse des effectifs à l’école mais malgré ça, l’école ne s’est pas vraiment démocratisée, de nombreux travaux de sociologie montre qu’il y a encore un très fort déterminisme social dans la réussite scolaire.
(Bourdieu et Passeron : « Les héritiers » 1964, « La reproduction » 1870) ces ouvrages montrent qu’il y a toujours une forte tendance à la reproduction sociale et que l’école y contribue. L’école valorise la culture des classes dominantes. Et ces classes dominantes vont donner à leurs enfants, pas seulement un capital économique important mais aussi un capital culturel, qui est particulièrement valorisé à l’école.
5)Y a-t-il « moyennisation » de la société française.
Cette thèse de la moyennisation a été avancée par Henry Mendras qui publie en 1988 un livre appelé « La seconde révolution française où il analyse les transformations de la société française entre 65 et 84 pour mettre en évidence une transformation de la structure sociale. D’après lui on ne peut plus représenter la structure sociale de la France par une pyramide (petite élite en haut) en raison de différents facteurs : la disparition de la société paysanne traditionnelles, embourgeoisement des ouvrier, disparition de la classe ouvrière. On serait dans une société composées d’une grande classe moyenne avec une petite élite au-dessus et une minorité de pauvres en-dessous qui serait de moins en moins importante en raison de la croissance économique et de la redistribution. (Schéma de la toupie : en haut élite 3% de la population, en bas minorité de pauvre 7% et au milieu : constellation centrale 25% et constellation populaire) Selon lui la constellation centrale serait en expansion. Il parle de constellation et plus de classes sociales son idée est qu’il y aurait un grand groupe moyen qui se serait substitué à une représentation classique. Il parle de moyennisation pour illustrer comment le groupe s’imposerait et influencerai les autres groupes. Les modes de vie des individus auraient tendances à se rapprocher sous l’influence de la constellation centrale, ce serait un lieu d’innovation sociale qui se diffuserai à l’ensemble des individus selon l’idée que les frontières entre les groupes sont de moins en moins rigides. Plusieurs auteurs soulignent la réduction des inégalités, des conflits entre les classes sociales. L’idée est que la classe moyenne a des contours mal définis elle contiendrait : des ouvriers très qualifiés, des techniciens, des employés, des cadre supérieurs. Les points communs entre ces individus seraient le fait qu’il y ait une homogénéisation des conditions de travail, le travail serait devenu physiquement moins pénible à la durée moins longue, des revenus plus importants favorisant l’essor d la consommation de masse, l’entrée de ces différents individus dans « la société des loisirs » (selon Mendras), et l’accès élargi aux études secondaires et supérieures. Ces théories sont associées à une période particulières : les trente glorieuses. Après le développement de ces écrits, la montée de la crise des emplois, le ralentissement de la croissance ont tempéré l’optimisme de ces théoriciens de la moyennisation. Depuis les années 80 la plupart des observations faites notamment en matière des inégalités de revenus montre qu’il y a au contraire une augmentation des écarts de revenus.

Jeanne.W

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